Pas de répit pour Air France et HOP : Easyjet et Volotea reviennent attaquer le marché régional français

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Nouvelle aberration écologique et stratégique au somment de l’état. Alors qu’en contre partie des aides de l’état, Air France devra « réduire de 50% les émissions de CO2 de ses vols domestiques d’ici 2024 », les compagnies Low Cost, elles, semblent exonérées de telles contraintes tout en récupérant un marché intérieur juteux. On croit rêver!

Elles ont un boulevard devant elles et elles ont bien l’intention de le prendre.

Pendant qu’Air France prépare son plan de restructuration du réseau domestique, les deux low-cost étrangères, Easyjet et Volotea, annoncent leur retour sur le marché régional français.

Histoire de reprendre le plus vite possible les positions perdues pendant l’arrêt des vols depuis fin mars.

Et de compliquer davantage non seulement la situation d’Air France sur cette partie du réseau lourdement déficitaire mais aussi tout projet de riposte, dont l’exécution prendra forcément du temps.

Reprise des vols mi-juin

Easyjet a en effet annoncé la reprise partielle de ses vols à partir du 15 juin au départ de 22 européens, principalement sur des lignes intérieures.

En France, une dizaine de routes domestiques seront relancées : deux lignes radiales (Paris-Charles de Gaulle-Nice, et CDG-Toulouse) et six lignes transversales Toulouse-Nice, Nantes-Lyon, Nantes-Nice, Lille-Nice, Lyon-Bordeaux, et Nice-Bordeaux.

De son côté, Volotea redémarrera ses activités le 16 juin avec l’ouverture de 40 lignes en Espagne, en France, en Italie et en Grèce.

Dans l’Hexagone, la compagnie espagnole lancera 15 lignes, notamment entre plusieurs villes de métropole et la Corse.

A Rennes par exemple, la compagnie desservira cet été Figari, Bastia, Ajaccio et Biarritz. Interrogé, Carlos Munoz, le directeur général de Volotea, n’a pas souhaité donner plus détails sur le programme de vols.

HOP a prévu de reprendre ses vols le 8 juin avec 24 vols par semaine centrés uniquement vers les aéroports de Roissy et de Lyon.

Cette offre doit à 55 vols par semaine à partir du 15 juin puis à 72 à partir du 22 juin.

Prise de parts de marché

Cette remise en marche des deux compagnies low-cost traduit bien la volonté des compagnies à bas coûts d’accélérer leur stratégie de prise de parts de marché dans l’Hexagone pendant la période de flottement chez Air France qui entoure l’avenir du réseau intérieur français.

Souhaitant stopper les pertes qui s’élèvent à 200 millions d’euros par an sur cette partie du réseau desservie par Air France et sa filiale régionale HOP, la direction du groupe veut miser sur sa filiale low-cost Transavia.

En raison d’accords de périmètre au sein du groupe, celle-ci ne peut pas assurer de vols intérieurs.

Des accords avec le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) Air France-Transavia sont en cours pour lever cet interdit.

Un plan doit être présenté en juillet. Il pourrait limiter les activités de HOP à l’alimentation des hubs de Roissy-Charles de Gaulle et de Lyon. Ce qui laisse en suspens l’avenir des vols directs régionaux qui pourraient être assurés par Transavia.

Transavia n’a pas les bons avions pour faire du régional disent les syndicats de HOP

Un scénario que ne comprend par l’intersyndicale de HOP.

“Transavia en province ne pourra pas se substituer à HOP sur la totalité du réseau.

En effet les modules de nos compagnies ne sont pas comparables avec d’un côté des avions de 72/100 sièges (ceux de HOP, NDLR) et de l’autre des aéronefs de 189 sièges.

Il est illusoire de penser qu’un avion de 189 sièges pourrait remplacer un module plus petit et qu’il serait parfaitement adapté au réseau trans-régional.

Transavia en province c’est pour aller à Ibiza, Djerba, Tamanrasset… Mais certainement pas pour faire des liaisons du type « Bordeaux- Lyon » ou « Strasbourg-Nantes »/ Les modules low-cost sont adaptés pour effectuer des vols avec un taux de remplissage de l’ordre de 95% sinon ils ne sont pas rentables”, expliquent les syndicats de HOP.

Et d’ajouter :

La nouvelle stratégie de Benjamin Smith, c’est l’abandon du maillage hexagonal (…), il mise tout sur Paris et abandonne la province”.

Il est clair effectivement que Transavia ne remplacera pas HOP sur les lignes régionales avec la même fréquence de vols, laquelle est très appréciée par les oyageurs professionnels.

Source: La tribune du 24/05/2020

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