5000 PNC français licenciés et sans ressource.

Dans Compagnies/Les dépêches/PNC/Revue de presse

Près de 5.000 PNC français opérant dans des compagnies étrangères en UE ont perdu leur emploi sans préavis à un âge où il est extrêmement difficile de retrouver un poste similaire  dans un secteur qui est à l’arrêt  et dont le devenir est totalement incertain.  

Il s’agit de PN résidant-e-s à titre habituel et fiscal en France mais qui exerçaient leur activité au départ d’autres pays de l’union européenne.

Pour la plupart, ce sont des ressortissant-e-s Français-es qui n’ont pas souhaité vivre à
l’étranger pour des raisons personnelles et familiales.

Ces PNC se rendaient par avion vers leur base d’affectation en Europe pour y effectuer leur rotation à l’issue de laquelle ils rentraient en avion à leur domicile en France tout comme beaucoup de PNC Air France.

La crise du Covid-19 a quasiment mis à l’arrêt la plupart des compagnies aériennes françaises et étrangères.

Celles-ci, face à cette situation, notamment British Airways sur la base de Londres, mais aussi United Airlines sur sa base de Francfort, ont décidé parfois unilatéralement de procéder à des licenciements économiques de masse.

Ces licenciements ont été effectués parfois dans les limites du droit social applicable sur leur territoire (droit social déjà bien en-deçà de notre législation française).

En ce qui concerne British Airways, les salarié-e-s ont été sommé-e-s, dès mai 2020,
d’accepter une baisse de salaire de 50 % et de repostuler à leur emploi sans garantie d’être retenu-e-s, ou de quitter l’entreprise contre une indemnisation représentant 25 % de ce que percevrait un/une salarié-e en France à ancienneté et poste équivalent.

Concernant United Airlines, qui avait déjà procédé à la fermeture de sa base de Paris CDG en 2006 et contraint les personnels navigants à se délocaliser, à leur frais, vers sa base de Francfort, celle-ci prétend que seul le droit du travail Etasunien est applicable à leurs personnels navigants, où qu’ils soient basés dans le monde et quels que soient leur nationalité et lieu de résidence.

Durant l’été 2020, United Airlines a donc décidé de fermer sa base de Francfort et de licencier tous les personnels navigants non éligibles à travailler aux États-Unis et dont la majorité sont des Français-e-s anciennement basé-e-s à Paris-CDG.

Un collectif s’est créé, qui a déjà alerté plusieurs députés de la Majorité représentant les français de l’étranger dans les circonscriptions concernées.

La seule réponse apportée est qu’ils devraient pouvoir percevoir l’indemnisation chômage en France, conformément aux dispositions de la transférabilité des droits sociaux des salarié-e-s transfrontaliers-ères au sein de l’Union européenne.

Pôle emploi mobilité internationale leur a aussi confirmé qu’ils avaient bien le statut de transfrontaliers-ères.

Ces PNC se retrouvent, néanmoins, sans aucune ressource depuis plusieurs mois et rencontrent de grandes difficultés à obtenir le formulaire U1 (formulaire destiné à la personne au chômage qui sollicite des prestations de chômage dans un État membre) avec un relevé de carrière complète afin de transférer leurs droits.

Ils sont, de surcroît, très mal conseillés par les agents de leurs antennes pôle Emploi respectives qui, pour la plupart, leur suggèrent de travailler un jour en France pour ouvrir des droits, qui seraient bien inférieurs à ceux générés par des décennies de cotisations sociales durant une activité professionnelle ininterrompue.

De plus, les conseillers de Pôle Emploi, peu familiers de ce genre de situation, sont incapables de leur proposer une quelconque piste de reconversion, un bilan de compétences ou un quelconque accompagnement efficace ni, simplement, leur indiquer les dispositifs dont ils/elles pourraient bénéficier en attendant que leur situation trouve une issue.

Ces salarié-e-s sont à la fois trop jeunes pour prétendre faire valoir leurs droits à la retraite (moyenne d’âge 50 ans) et trop âgé-e-s pour envisager de trouver un emploi équivalent sans bénéficier d’une reconversion.

Il leur est impossible de solliciter des demandes de formations professionnelles tant que leur dossier n’est pas finalisé au sein de pôle emploi.

Ces PNC se retrouvent complètement isolé-e-s, étant disséminé-e-s à travers tout le territoire et ayant exercé pour des compagnies étrangères différentes dans divers pays de l’union Européenne.

A cela s’ajoute l’urgence du Brexit puisqu’au 31 décembre 2020, les accords UE-GB cesseront de s’appliquer.

Notre fédération des transports CGT/UGICT n’envisage pas de laisser 5.000 salarié-e-s du secteur aérien au bord de la route.

Elle a  interpellé la DGAC ainsi que les ministres du travail et des transports  afin qu’ils interviennent auprès des administrations compétentes pour que ces salariés retrouvent leur droit légitime à une couverture sociale.

Nous attendons maintenant leur réponse

PNC Air France, ayons conscience que notre droit et notre couverture social français,  pourtant mis à mal ces dernières années, nous a permis d’éviter le pire.

Aujourd’hui,  Il est plus que jamais impératif  d’être vigilant, mobilisés et unis pour qu’il ne soit pas détruit. 

A suivre…

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